Blog d'auteur, l'aventure d'une édition, critiques littéraires.
Très bonne question, effectivement ! Il ne suffit pas
d'avoir un bon manuscrit entre les mains, il faut ensuite l'envoyer aux bonnes personnes pour que celui-ci trouve la voie des lecteurs.
Vous êtes ainsi plusieurs à m'avoir demandé à quelle maison d'édition vous deviez envoyer votre manuscrit, voire, à quelle personne il fallait directement l'adresser...
Malheureusement, je ne suis pas dans l'antichambre des maisons d'éditions, donc, je n'ai aucun nom à citer. Par contre, je peux vous donner des conseils de bons sens pour vous éviter de nombreuses désillusions et de dépenser beaucoup d'argent inutilement en envoyant vos manuscrits.
Déjà, il faut cibler les maisons d'édition qui publient le genre dans lequel vous écrivez. Il serait bien inopportun d'envoyer un roman de Science-Fiction à une maison d'édition qui ne jure que par le thriller... Ainsi, faîtes le tour des maisons d'édition (soit sur Internet, soit dans une librairie ou un centre culturel...) et regardez quels genres ils publient (et en quelle quantité ! Deux-trois par an ou une dizaine... Ca peut changer la donne bien évidemment). Profitez-en pour vérifier quelle est la part de publication française dans leur catalogue... Et oui, certains éditeurs ne publient que de la littérature étrangère traduite. Ce serait une perte de temps et d'argent de leur envoyer votre manuscrit !
Une fois ce premier tri effectué, vous aurez le choix entre les grandes maisons d'édition, les moyennes et les petites maisons. Chaque catégorie aura ses avantages et inconvénients. Attention, les adjectifs "grandes", "moyennes" et "petites" ne se rapportent pas forcément à la qualité de ce qu'ils publient...

- les "grandes" comme Albin Michel, Belfond, JC Lattès, Robert Laffont, Stock... : Contrairement à ce qu'on peut penser, ce n'est pas forcément la bonne solution pour les jeunes écrivains. En effet, elles ne publient que très peu d'inconnus. Parfois elles se cantonnent à la publication d'un seul inconnu par an ! Pour être l'heureux élu, il faudra être parfait. De plus, même si vous êtes cet illustre inconnu, il faudra éviter la noyade au milieu des très grands noms comme Stephen King chez Albin Michel, Douglas Kennedy chez Belfond ou encore Dan Brown chez Lattès. Oui, vous aurez une place au soleil mais votre balcon sera exposé plein nord avec vue sur une ruelle sombre...
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- les "moyennes" comme Au Diable Vauvert, Les Nouveaux Auteurs, Le Passage, Le Cherche-Midi... : Evidemment, elles innondent un peu moins les rayons et les espaces publicitaires mais elles ont plus souvent le goût du risque et "osent" s'attacher aux auteurs débutants.
- les "petites" (y compris de nombreuses "régionales") comme la grande majorité des maisons d'édition : Elles ne sont pas associés à de grands noms de la littérature, mais la passion de la lecture et de l'écriture y transpire sans doute plus qu'ailleurs. Donc, votre travail y sera considéré comme celui d'un écrivain confirmé. Non, vous n'aurez pas votre portrait en poster à la FNAC, mais au moins vous aurez de réelles chances d'être publiés et accompagnés dans vos débuts.
Vous l'aurez compris à demi mot : ne cherchez pas la starification ou alors vous vous trompez de vocation ! Avec dans vos mains le fruit de plusieurs mois de travail, il faut savoir rester modeste et humble. On ne peut pas envisager la publication comme un acquis. Rappelez-vous l'un de mes précédents articles : 1 chance sur 2000 d'être édité...
Une fois votre "stratégie" établie, envoyez vos manuscrits aux "Service des Manuscrits" de ces maisons (l'adresse est forcément accessible sur les sites internet des éditeurs) ou, si vous arrivez à dénicher ici et là des noms de directeur d'édition (à condition que vous soyez sûr de l'info et que ce directeur s'occupe bel et bien du genre littéraire auquel vous appartenez), à ces fameux hommes et femmes de l'ombre qui feront de vos nuits d'attente, des nuits blanches !
A savoir que les délais de réponse peuvent varier de 1 à 6 mois selon l'éditeur. La réponse peut être une simple lettre de refus totalement impersonnelle qui vous demande de l'argent pour qu'on vous renvoie votre oeuvre, ou mieux, une réponse personnalisée (mais rare) avec parfois (encore plus rare) le manuscrit renvoyé à leur frais (si si, je peux au moins en citer trois qui ont eu cette obligeance à mon égard et dans ce cas, même s'il s'agit d'un refus, cela fait toujours plaisir) ou encore mieux, ce sera directement un appel téléphonique et le bonheur assuré !
PS : non, je ne touche aucune
commission, mais je rappelle à tous que pour envoyer votre manuscrit aux Editions Les Nouveaux Auteurs, cela se fait par voie électronique et c'est donc
totalement gratuit ! Voir ce précédent article qui présente cet éditeur.